Hécatombe

Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 14:38

[Poitiers] Soutien à J.-C. en procès pour avoir chanté du Brassens et jeté des confettis.


Le 21 juin 2011, jour de Fête de la musique à Poitiers comme ailleurs en France, une chorale Brassens est allée chanter Hécatombe devant le commissariat local. Cette initiative, prise par l’assemblée Démocratie réelle 86, visait de même que dans d’autres villes à manifester une solidarité envers des personnes aux prises en France avec la police et la justice pour avoir interprété cette chanson.

Il y eut d’abord un Rennais, condamné en mai pour avoir chanté Hécatombe à sa fenêtre : 40 heures de travaux d’intérêt général plus 200 euros à verser aux policiers qui se trouvaient alors dans la rue. Puis une trentaine de personnes furent interpellées à Toulouse pour « outrage », ayant chanté le tube du moustachu devant le commissariat de cette ville en solidarité avec le mélomane rennais et afin de défendre la liberté d’expression. Deux personnes passèrent aussi en procès à Paris pour « violence à agent », lors de la dispersion brutale par la police d’un rassemblement de même nature (elles furent relaxées). Au même moment, la Cité de la musique, sous tutelle du ministre de la Culture, fêtait pourtant ce cher Georges et invitait à un « championnat du monde des Brassens »…

À Poitiers ce 21 juin (cf. compte rendu), la chorale fut bon enfant, mais des policiers ont lancé à fond les sirènes de plusieurs de leurs véhicules pour couvrir la chanson, recourant ainsi à un usage abusif de ces appareils réglementés. D’autres policiers ont filmé le subversif événement. Enfin, les policiers sont venus en nombre signifier à cette chorale que c’était une « provocation », qu’elle était « illégale » (le soir de la Fête de la musique…) et devait se disperser, sous peine d’« usage de la force ». Alors que la chorale s’éloignait, ses membres ont jeté des confettis vers ce commissariat si farceur avec la liberté d’expression. J.-C., 52 ans, a alors été brutalement attrapé par un policier qui l’a emmené au poste. Un rassemblement de soutien s’est vite constitué, et J.-C. a été libéré une heure et demie après, en ayant nié avoir commis le moindre « outrage » et après que les policiers lui ont signifié qu’il devait se tenir tranquille à l’avenir s’il voulait éviter des suites.

Mais voilà, ce 27 janvier 2012, J.-C. était convoqué au commissariat. Les quatre personnes qui l’y ont accompagné ont été surprises de trouver devant un comité d’accueil de cinq policiers. Et plus encore surprises de voir J.-C. en ressortir dix minutes après avec à la main une convocation à un PROCÈS, prévu le 4 mai 2012 ! Les termes de la convocation explosent les dernières barrières du grotesque : J.-C. est en effet poursuivi pour avoir « outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C., commandant de police, personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, en l’espèce en lui ayant projeté au visage une poignée de confettis ».

L’OPJ, sans doute un peu gêné, a confessé à J.-C. qu’il n’était pour rien dans cette poursuite… J.-C. n’a évidemment insulté ni menacé personne, ni par parole ni par écrit, mais tout est bon hélas, pour la police poitevine, quand il s’agit de harceler des gens qui sont engagés politiquement et qui défendent la liberté d’expression.

Rappelons que récemment six personnes ont été arrêtées pour diffusion d’un journal dont les exemplaires ont été saisis et détruits par la police (sans suite). Que deux personnes sont passées en procès pour avoir récupéré des produits alimentaires périmés dans une poubelle — elles ont expliqué leur geste par un tract (relaxe). Qu’un ancien président de maison de quartier, connu pour son militantisme, a été convoqué au sujet d’affiches dénonçant les expulsions d’étrangers avec lesquelles il n’avait rien à voir (pas de suite mais on ne sait jamais)…

Il semble qu’une étape de plus ait été franchie par la police poitevine dans le grotesque : l’outrage au jet de confettis ! On hésite entre le rire et la consternation.

Pour la liberté d’expression et contre le harcèlement policier à l’encontre des personnes qui la défendent.

Arrêt immédiat des poursuites contre J.-C. !

Démocratie réelle maintenant (Poitiers), Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 6 février 2012.

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 10:28

Un papier et une video sur le Bondyblog.

 

NOTRE QUARTIER...

Elle est raide la pente pour monter à la Plaine et pourtant, tous les jours, on trouve une bonne raison de gravir la colline.

Les mardis, jeudis et surtout samedis, le marché et son ambiance est une de ces bonnes raisons. Des fruits, des légumes, du poisson, des spécialités... Pas de problème ! Des fringues en tout genre, de tous styles et à tout prix... Toujours pas de problème ! Une fois le sac bien rempli, on bavarde autour d’un verre et d’une kémia avec les collègues croisés dans un des cafés qui bordent la place. Et en soirée ou à la fin de la semaine, on prend le temps de s’attabler pour partager un plat, une bonne tchatche ou un peu de musique, histoire de faire durer le moment qui nous sépare encore du matin ou du lundi suivant...

OK, c’est pas le paradis, mais c’est ce qui nous maintient aussi en vie !

LEUR QUARTIER...

Tout ça, les policiers nationaux comme municipaux, les associations de boutiquiers grincheux et de voisins aigris, les promoteurs en Plus belle la vie si elle est chère n’en veulent plus.

LEURS PROBLÈMES

La vie de quartier, la convivialité ? Un facteur d’insécurité avec sa racaille à l’agachon, ses pauvres qui tendent agressivement la main, ses jeunes qui mettent le souk sous les fenêtres.
Le marché ? Une source de nuisances avec ses cartons qui s’empilent, ses sacs plastique qui volent, ses véhicules qui bloquent la rue, ses "pas-de-chez-nous" qui se croient chez eux...
La vie nocturne ? Avec ses concerts, ses fêtes et ses après-matches qui débordent des trottoirs et des horaires autorisés : une culture qui ne rentre pas dans le cadre officiel du projet 2013...

LEUR SOLUTION ? TUER LE QUARTIER !

Un espace public vidéosurveillé et contrôlé à chaque instant, un marché normalisé, une carte postale provençale pour touristes et bourgeois. Un parc à thème aseptisé pour le seul profit des spéculateurs immobiliers et des boites spécialisées en camelote sécuritaire. Bientôt, à chaque pas, sur chaque terrasse, dans chaque appartement situé au premier ou au deuxième étage, la méchante sensation d’être espionné.

Au final, augmentation vertigineuse de la taxe d’habitation pour financer les déploiements policiers et les caméras - un budget de 6 millions à l’installation, 2 millions par an de fonctionnement, voté à huis-clos. Sans aucun autre effet que de confisquer l’espace public et de mettre la pression - arrahhh ! pour les bars, les locaux associatifs et les salles de concerts, ce sont provocations et interventions musclées de la BAC avant que ne tombe la fermeture administrative. Pour ceux qui sirotent une canette dans la rue, interpellations et amendes. Quant aux mendiants, un arrêté municipal les transforme en autant de dangereux délinquants.

VIVE LE LIBRE MARCHE !

Depuis le parachutage du nouveau préfet, la présence policière sur le marché de la Plaine (tout comme à Noailles ou autour du marché du Soleil et des Puces), s’est faite écrasante. Des brochettes de CRS arpentent les allées en roulant des mécaniques, le flingue sur la cuisse, façon bataille d’Alger. Contre qui sont-ils en guerre ?

Dissimule-t-on des kalashnikovs en pièces détachées sous les tas de fringues à un euro ? Leur Vigipirate électoraliste en vue de mai 2012 vise-t-il vraiment les arracheurs de chaînes en or ou les pickpockets ? Terroriser les voyous, c’est faire fuir les joueurs de bonnetot et la vieille vendeuse de citrons ? Les raids policiers en coordination avec les douanes, la PAF et les services de l’Urssaf, c’est pour assurer la liberté de marché ?

La vérité, c’est que le marché attire du monde et que ça dérange. On vient de loin pour s’y réchauffer en jouant des coudes et en y faisant de bonnes affaires. Beaucoup de familles modestes auraient du mal à se vêtir et à se nourrir si ce joyeux bazar disparaissait. Sans compter les vendeurs qui resteraient sur la carreau dans une ville où le boulot s’invente plus qu’il ne se cherche. C’est cette réalité-là, trop populeuse, que les autorités cherchent à criminaliser...

QUEL QUARTIER ?

Pour justifier leur petite cuisine sécuritaire, la mairie et la pref’ s’appuient sur la peur et l’amertume d’une minorité de riverains. Réfugiés dans les CIQ ou autres associations de frustrés, ils réclament plus de flics et moins de vie sociale, moins de bruit, moins d’odeurs, comme si le but de l’existence était de vivre dans un cimetière. Les journaux et les autorités prêtent une oreille complaisante à leurs râleries, qui servent de relais et d’alibi aux politiques décidées en haut lieu.

La Plaine sans frontières... Les laisserons-nous parler en notre nom alors qu’ils agissent ouvertement contre nous ? Il est temps de montrer publiquement que nous sommes fiers de ce quartier. Ce à quoi ils s’attaquent, c’est précisément ce qui nous le rend agréable à vivre. Il faudra leur dire haut et fort que nous sommes une majorité à vouloir habiter une ville ouverte et populaire.

Bien sûr, on pourrait attendre que les caméras pourrissent sur pied et que les patrouilles fatiguent. Mais on peut aussi dire non. Et, histoire de s’amuser un peu, occuper encore et toujours la place publique. Profiter des jours de beau temps pour se retrouver dans des concerts de rue, des charivaris, des balétis, des boules et du ballon, des repas de quartier, des projections en plein air, un carnaval plus turbulent que jamais...

A nous de jouer !

Des habitants

Le réveil du peuple "L’état d’esprit est une raison d’être, un art pour avancer, une culture à respecter. C’est une richesse capable de décupler les forces, d’aller au-delà de ses limites, quel que soit l’adversaire. C’est être contestataire, rebelle pour refuser l’ordre établi et affirmer les valeurs de la plus vieille ville de France, une dame respectable tant son histoire sera à jamais inégalée. C’est une raison sociale, une arrogance, une loyauté. C’est appartenir à un peuple, uni et solidaire à la vie à la mort. Voilà pourquoi le peuple s’est réveillé. Qu’il ne se rendorme plus..."
Thierry Curatelle, après la victoire sur le PSG, dans La Provence du 28 novembre 2011.

Tract trouvé dans les rues de Marseille lors d’un charivari masqué, samedi 17 décembre 2011. : http://www.primitivi.org/spip.php?a...

 

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Répétitions

au Foyer du peuple
place roux, rue Brandis
(métro Baille)
Marseille.

Rencontres 2010

ULTIME semaine de Juillet 2010: à Saint Amant Roche Savine( 63) pour les rencontres des Chorales révolutionnaires avec Toulouse, Amiens, Charlieu, Brest, Montreuil, Nancy, Londres, Lille, Rouen, Grenoble; etc...

On a chanté...

We sing a lot ce 27 Mai 2010 for the manif des Oldcegetistes et for the Walk des without Papers.

Nous chantames pour les paysans Atenco à Toulouse le 23 Mai.

Le 1er Mai 2010 pour les Cravailleurs et les Cravailleuses esploités.

Et pour la mise à la retraite de Bernard Thibault avant 60 ans.

Le 23 03 manif intrepro à Marseille.

Le 11 03 2010 en soutien aux sans papiers Maison du Peuple Kurde.
Le 12 03 contre les expulsions à Marseille.
Au carnaval de la plaine début Mars
Le 8 03 2010 a la Manif des Femmes
Le 11 12 2009, à Marseille : A Andiamo, séance de dédicace de Patxi + vin blanc
Le 05 12 2009, à Marseille : marche des précaires
Le 28 11 2009, à Marseille : Manif contre la privatisation de la Poste, les megaphones chauffent
Le 24 11 2009, à Marseille : Manif des postiers et de l'éducation nationale contre la casse des services publics.
Le 17 11 2009, à Marseille : Manif des enseignants désobéisseurs, devant l'IUFM, On est trois mais y'a l'ambiance.
En octobre 2009 à Marseille : Manif contre l'expulsion de sans papiers afghans.

 
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